ROULER SUR L'ART (Voir, Qc.)

Les fans, c'est ça qui nous pousse dans le cul.

2 février 2006
La Braise Prend
Patrick Ouellet


Le premier Salon de la musique indépendante de Québec s'installe à l'Impérial les 3 et 4 février. Alors que s'amplifie le bouillonnement culturel à Québec, artistes et intervenants divers mettent l'épaule à la roue afin d'ériger la nouvelle industrie indépendante.

Un cliché répandu décrirait le musicien indépendant comme un artiste épris de sa marginalité, cultivant religieusement son apparence négligée, déballant devant une salle déserte ses musiques inintelligibles en se fixant les godasses usées en laboratoire. Si certains se font un devoir d'entretenir cette image, la généralisation serait quelque peu réductrice. "Est-ce que les gens savent c'est quoi la musique indépendante?" demande Rabin Kramaslabovitch, claviériste des Goules, démente formation de la Vieille Capitale sévissant depuis déjà cinq ans. "Parce que beaucoup de nos amis pensent que: "Hiiii, les Goules, ça roule! En étant indépendants, vous devez faire la piastre!"" "Mais crisse, on paie pour faire de la musique!" entonne son compère chanteur Keith Kouna. "Il faut vraiment pas prendre ça au cash quand t'es indépendant. Si on continue à faire ça dans ces conditions-là, c'est parce qu'on croit à ce qu'on fait, puis on va le faire anyway. Il faut le faire pour la passion et parce qu'on croit que ce qu'on a à proposer vaut la peine d'être proposé. Dans le fond, ça nous fait du bien, puis ça fait plaisir à du monde; c'est ça, la paie. Cette espèce de responsabilité envers les fans, c'est ça qui nous pousse dans le cul".

LES GOULES EN DÉLIRE (Impact Campus, Qc.)

L’enfant bâtard de Bérurier Noir et des Trois Accords.

7 février 2006
Le SMIQ
Pierre-Paul Ferland


C’était un bassin de mordus qui attendait Les Goules, groupe culte de Québec. On a dit de cette bande de cinglés au punk-rock carnavalesque qu’elle ressemble à du «Slayer interprétant La Chicane». Avec leurs textes surréalistes appuyés par une théâtralité délirante, Les Goules font plutôt penser à l’enfant bâtard de Bérurier Noir et des Trois Accords. Au grand plaisir d’une foule conquise, les «démonnes» ont interprété des extraits de leurs deux albums: Les Goules, qui comprend l’hymne Crabe, et Memories, sur lequel figure Dynamite. Une expérience qu’on doit vivre absolument!

LES GOULES LUNATIQUES (ICI Montréal)

On se débrouille très bien par nous-mêmes.

5 mai 2005
Les Goules lunatiques
Patrick Baillargeon


Avec leurs costumes loufoques, leur rock à cheval entre le punk, le heavy, la pop, le jazz, le trad et le prog, leurs textes souvent sans queue ni tête et leur présence scénique ahurissante, Les Goules pourraient-ils devenir les prochains Trois Accords ? Poser la questions, c’est quasiment y répondre, puisque le combo de Québec pousse l’ironie encore plus loin que les désormais célèbres auteurs du Gros Mammouth Album. Les Goules ont un concept et ils l’appliquent à fond depuis leur apparition en 2001 et la parution de leur premier album, éponyme, l’année suivante. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que le groupe s’est rendu jusqu’à la finale du concours Les Francouvertes en 2003.

Aujourd’hui, quelques semaines après la sortie de Memories, leur second effort, Keith Kouna, Rabin Kramaslabovitch, Klaudre Chudeba, Igor Wellow et Ken Pavel sont plus primés que jamais. On l’a remarqué lors de leur passage aux Foufs à la fin de cet hiver. La place était pleine, et le public, qui connaissait la plupart des chansons par cœur, en redemandait.

Que ce groupe ne soit toujours pas « signé » par une compagnie de disque est incompréhensible. Que personne n’ait encore compris le plein potentiel des Goules et jusqu’où ils seraient capables de se rendre est illogique. Comment se fait-il, par exemple, que la bande n’ait pas encore été de la programmation des Francos (ndrl: chose faite depuis) ou du Festival d’été de Québec ? « Nous aussi, on se dit ça », me lance Keith Kouna. Joint chez lui à Québec, le chanteur du quintet tente d’expliquer ce manque d’intérêt des « hautes instances ». « C’est peut-être une histoire de contacts qu’on a pas. Une affaire de P. R…. On fait encore tout tout seuls, et ce n’est pas faute d’avoir tenté de contacter diverses maisons de disques. Mais on a confiance, ça va venir. Reste qu’on est pas nécessairement malheureux pour autant : on est content du résultat de notre nouvel album et on se débrouille très bien par nous-mêmes, mais on aimerait avoir quelqu’un pour s’occuper du booking, de la promo, des affaires comme ça. »

Grâce à d’incessantes tournées dans la province, Les Goules ont réussi à se bâtir un petit réseau de fans fidèles, et leur nombre va croissant depuis la parution de Memories semble-t-il. « On voit qu’on a un public, poursuit Keith Kouna. Les radios étudiantes-communautaires nous appuient (et Bande à part de Radio-Canada aussi, ajouterons-nous), les shows sont presque tous sold-out… Vraiment, nous sentons bien que les gens embarquent dans notre délire. Et pourtant, on peut comprendre que ce n’est pas évident pour tout le monde ! Au début, après avoir écouté notre musique sur disque, plusieurs se disent : « Les Goules, c’est quoi ça. Ça ne me dit rien pantoute ». Puis après avoir vu le show, ils trippent ben raide ! » À bon entendeur…

CRITIQUE D'ALBUM (Voir)

Un disque extrêmement rassurant
pour l'imaginaire collectif québécois.

31 mars 2005
Les Goules " Memories "
Olivier Robillard Laveaux


Sur scène, Les Goules font preuve d'un imaginaire complètement sauté. Une caractéristique hautement distinctive qui pouvait être perçue sur leur premier disque, mais dans une certaine limite. Cette fois, Memories exprime toute la folie des Goules. Le groupe rock de Québec pond toujours des succès instantanés (Vendeur, Dynamite, Mire), mais il n'hésite plus à s'éloigner des formes établies en jouant fortement avec ses compositions. Si le premier disque était accessible à tous, Memories se rapproche davantage du "t'aimes ou t'aimes pas". Le quintette crie, s'arrête parfois pour changer radicalement de style et divague à fond. D'ailleurs, phonétiquement, Les Goules proposent des textes absolument fabuleux aux images délirantes (Poussin, Turlutte). Un disque extrêmement rassurant pour l'imaginaire collectif québécois qui dépérit sous le poids des reality-shows.

CRITIQUE D'ALBUM (SRC/Bande-à-part)

Un travail poétique moins con qu'il en a l'air.

18 mars 2005
Les Goules " Memories "
Éric Parazelli


C'est quoi? Un deuxième album de la part de cette bande d'énergumènes (finalistes des Francouvertes 2003) qui mélangent les mots et les notes de musique comme peu le font au Québec.

Y a-t-il quelque chose de particulier dans l'eau de Québec? Sûrement une substance qui stimule la folie créative et la poésie absurde. C'est la seule manière d'expliquer le délire qui traverse ces 13 chansons, ainsi que l'imposante portion cachée de l'album qui prouve que Les Goules n'ont que faire de la censure ou de la retenue. Et c'est tant mieux.

Un ramassis de style? C'est peut-être la meilleure façon de décrire la musique des Goules. Au programme: rock et variantes grunge et métal, jazz, pop, et même mélodies d'inspiration folklorique (!?), bref,les références des Goules ne sont pas particulièrement originales, mais le résultat, lui, ne manque pas d'originalité. En fait, Les Goules sont assez uniques dans le paysage musical québécois.

«De quessé»? C'est probablement l'expression qui revient le plus souvent en tête à l'écoute des paroles écrites et chantées par l'inquiétant Keith Kouna. Des exemples? «Grenouilles à panse / Et pâte à pitas / Pépite en transe / Hell / Paranoïa», «Baver larmes et chrysalides / Pour pelures de carabines / Pot-au-feu sur calme vide / Chemin doublé d'orphelines / Arche d'âmes / Animation platine». Clair, n'est-ce pas? Le pire c'est que c'est souvent très beau à entendre et qu'on peut même y voir certaines images non dénuées de sens. Un travail poétique moins con qu'il n'en a l'air...

Comparaison avec le premier album? Memories est tout aussi substantiel que l'album éponyme sorti en 2002. Riche en mélodies accrocheuses, en trouvailles poétiques et musicales, avec encore plus de grands écarts stylistiques qui gardent l'auditeur sur le qui-vive. Par contre, la réalisation manque un peu de relief, hypothéquant les moments les plus puissants qui auraient pu nous clouer sur notre chaise. Mais rien pour gâcher les bons souvenirs de ce Memories qui se déguste à répétition avec un plaisir renouvelé.

Une écoute goulue d'Eric Parazelli

LES SOURIS DANSENT (Voir)

Les Goules: Les frères Gibb des Bee Gees sous l'emprise
d'Iron Maiden? Zamfir en duo avec Steve Vai? Slayer
interprétant La Chicane?

18 mars 2005
Voir, Mtl. et Qc.
Patrick Ouellet

Les Goules sont libres! Après l'assassinat de leur infâme gourou Sir Goulus, les cinq forcenés de Québec dédient à sa mémoire leur nouveau recueil de démentes chansons.

"On a eu une sorte de crise divine", relate d'emblée Keith Kouna, chanteur et parolier du furieux quintette Les Goules, afin d'expliquer le titre de son nouvel album, Memories. Jusqu'alors sous le joug d'un sanguinaire maître spirituel pilotant chaque facette de son processus créatif, le groupe a finalement décidé de prendre les grands moyens pour s'en émanciper. "C'est une sorte d'épitaphe, dans le fond, à Sir Goulus qu'on a assassiné", poursuit-il, d'une froideur impassible. "On a choisi d'assumer notre condition terrestre... et ce n'est pas rose du tout!" laisse-t-il échapper, soudainement inquiet. "C'est dur d'avoir un corps et d'être mortel; c'est pour ça qu'il y a comme un parfum de mort sur le disque..." "La condition humaine est une dure condition", renchérit Rabin Kramaslabovitch, "violenteur" de claviers au sein de la jeune troupe, formée dans la Vieille Capitale au tournant du millénaire. "Et puis j'étais écœuré qu'il me fasse prendre des stupéfiants louches pour écrire des paroles!" ajoute Keith, visiblement troublé par l'affreux souvenir.

Peut-être à cause du meurtre crapuleux ayant précédé l'enregistrement, les 13 plages (et la copieuse section cachée) de Memories laissent une large place aux influences métalloïdes et plus agressives du groupe, qui pige toujours allègrement dans de multiples genres affectionnés. Les frères Gibb des Bee Gees sous l'emprise d'Iron Maiden? Zamfir en duo avec Steve Vai? Slayer interprétant La Chicane? Voilà seulement quelques exemples des sonorités éclatées auxquelles peut faire référence l'inextricable musique des Goules. "Le but, c'est d'en mettre le plus possible, de ces influences, explique Rabin, délaissant momentanément les délirantes fabulations "goulesques". D'aller, avec le peu de technique qu'on a, se faire le plus de fun possible, et jouer dans des zones qu'on n'a pas explorées. Il n'y a pas de restrictions..." "Tout se mélange sans qu'on s'en rende vraiment compte, ajoute Keith. Il faut faire confiance à l'improvisation et à la spontanéité. C'est de même depuis le début; on n'a jamais tendu vers un style particulier et je pense qu'il serait dangereux de trop intellectualiser la chose, de s'enfermer dans des concepts..."

C'est avec toute la flamboyante splendeur scénique qu'on leur connaît et une toute nouvelle garde-robe que Keith, Rabin, Klaudre Chudeba (basse), Igor Wellow (batterie) et Ken Pavel (guitare) viennent présenter leur nouveau matériel sur les planches de la province. "En show, on se retrouve à cinq ans d'âge mental, confie humblement Rabin. Il ne faut pas qu'il y ait de limites; s'il y a des limites, c'est là que ton show va être plate. Nous, dès qu'on met nos costumes, il y a une coche qui se pète. Juste avant le spectacle, on se regarde, puis tout de suite, on devient quelqu'un d'autre... Sur scène, il n'y a rien de vraiment prévu; on pogne la drive et on se crisse de ce qui peut bien se passer. On joue notre musique, premièrement, puis on essaie de donner un show au monde..."

CRITIQUE D'ALBUM (ICI Montréal)

Avec autant de personnalité,
la formation pourrait fort bien devenir
la nouvelle coqueluche des cégépiens...

17 mars 2005
Les Goules " Memories "
Alexis Taillon


Tout aussi débile, décousue et absurde que leur première offense, cette nouvelle mouture montre des Goules désireux d'évoluer dans le délire et le chaos grâce à une musicalité accrue qui sied bien à leur humour lors d'incursions jazz et rap rock! Davantage pesant et déconstruit, cet opus touffu, coifé d'une délirante pièce cachée qui s'étire sur plus de 20 minutes, montre que le groupe possède maintenant les atouts nécessaires pour appuyer ses propos. Et quels propos! Écriture automatique contrôlée, la technique des Goules donne droit à de petits bijoux qui laissent perplexe. Avec autant de personnalité, la formation pourrait fort bien devenir la nouvelle coqueluche des cégépiens...

LES GOULES CONTRE-ATTAQUENT (Le Soleil, Qc.)

Les Goules, Igor Wellow (batterie), Keith Kouna (voix,
instruments à vent), Rabin Kramaslabovitch (claviers)
et Ken Pavel (guitares) se sont émancipés pour la
peine. Le bassiste Klaudre Chedeba manquait à
l'appel lors du passage de notre photographe.

Samedi 12 mars 2005
Le Soleil, Québec
Geneviève Bouchard

Ils se décrivent tantôt comme « les maîtres du rock francophone mongol et soigné », tantôt comme un « quintette aux influences glam-rock-pop-métal-asile »... Décidément, pas facile de coller une étiquette sur Les Goules. Avec un album éponyme paru en 2002, le groupe qui n'a de macabre que le nom avait jeté un premier pavé dans la mare musicale québécoise. Il récidive cette fois avec Memories, une seconde galette plus épanouie qui atterrira sur les tablettes mardi.

« Le premier album était un cri, une naissance, analyse le chanteur Keith Kouna, l'air réfléchi. Ça s'est fait rapidement parce que nous étions toujours obnubilés par notre maître spirituel. Puis, on l'a assassiné et Les Goules se sont émancipés ! »

Devant le discours fantaisiste de son collègue et soucieux de faire comprendre l'évolution de sa formation, le batteur Igor Wellow s'empresse d'éclairer le commun des mortels.

« Cette fois, on a pris plus le temps de le travailler, note-t-il. Au début, l'objectif des Goules n'était vraiment pas sérieux. Le premier disque a été lancé et on a fait des shows. Ensuite, la transition s'est faite toute seule : sans le décider, on est devenu un groupe émergent. »

Il faut dire que Les Goules ont de quoi se faire remarquer. Souvent masqués et affublés de perruques colorées, ils semblent avoir dévalisé le Village des valeurs et le comptoir Emmaüs pour dénicher leurs costumes de scène.

Forts de performances théâtrales —plus ou moins improvisées — et d'une prose rigolote ou crue, ils ont eu tôt fait de se frayer un chemin dans le milieu musical underground et sur les ondes des radios universitaires et communautaires.

« Avec le premier album, on dirait qu'il y a une étape qu'on a manquée, ajoute Keith Kouna, retombé sur terre. En faisant le deuxième, on a trouvé ça plus difficile. On a vu tout le temps que ça prend en studio pour que ça sonne bien. Sans dire qu'on avait peur, on ne voulait pas décevoir nos fans. »

Zone grise

Pour situer Les Goules sur l'échiquier musical, on devrait les placer à mi-chemin entre l'humour et la démarche sérieuse, entre le théâtre et l'impro déjantée.

« En grattant un peu, nos chansons ne sont pas toujours drôles, mais notre décorum est humoristique », lance Keith Kouna. « Notre musique n'est pas botchée, mais toujours candide », renchérit Igor Wellow.

« Nous avons une énergie punk qui attire l'attention des enfants. Ils n'ont pas besoin de se pencher sur les paroles pour être accrochés », ajoute le claviériste Rabin Kramaslabovitch.

Bref, il existe autant de définitions des Goules que de musiciens dans le groupe. Il demeure toutefois un élément qui obtient le consensus : la formation ne s'embarrasse pas de cadre et laisse toujours place à la folie.

C'est ainsi qu'une bonne partie du dernier album est consacrée à un délire d'une trentaine de minutes — en plage cachée, à la suite des 13 pièces de Memories — qui nous permet de connaître un peu mieux les cinq goules, au milieu d'un vaste n'importe quoi musical.

« On tourne toujours un peu autour de la maladie mentale, concède Igor Wellow. Plus nos shows sont fous, plus on attire la folie. C'est contagieux. C'est le fun de voir que le public embarque avec nous ! »

Un statut de groupe indépendant ne leur permettant pas de vivre de leur musique, Les Goules sont contraints de mener une double vie... Et les professions qu'ils embrassent lorsqu'ils abandonnent leurs personnalités monstrueuses ont de quoi surprendre, tellement qu'ils préfèrent les taire au grand public, question de préserver leur aura goulesque.

« Disons que ça nous prend de bons patrons », résume Rabin Kramaslabovitch, rappelant que Les Goules gèrent eux-mêmes leur carrière, organisent seuls leurs spectacles et que, jusqu'ici, ils ne se sont pas encore accordée de salaire. « Mais le même plaisir nous anime tous, ajoute le claviériste avec sérieux. On s'entend super bien, on est presque en amour. Chaque membre du groupe est irremplaçable. »

Sans aller aussi loin, Igor Wellow révèle le secret du succès des Goules. « On fonctionne beaucoup par improvisation, raconte le batteur masqué. On sait qu'on va adopter une chanson quand on rit en la faisant. Pourtant, il n'y a rien de drôle à trouver une bonne passe de musique, mais nous, il nous prend des fous rires. On devient vraiment des enfants innocents ! »

DES DÉMONS... (Le Soleil, Qc.)

Sur scène, Les Goules n'ont vraiment rien à voir avec des
morts vivants sanguinolents :ils nous dilatent la rate
beaucoup plus souvent qu'ils nous donnent
la chair de poule!

Vendredi 30 juillet 2004
Le Soleil, Québec
Envol et Macadam
Violaine Ballivy

" Goule ". Dans le dictionnaire, la définition est du genre macabre : " Démon femelle qui, selon les superstitions orientales, dévore les cadavres dans les cimetières " (Le Petit Larousse)... Il n'y avait pas de maccabés, hier au spectacle du groupe punk rock de Québec, mais beaucoup de chair fraîche. Victimes et prédateurs se sont régalés.

À vrai dire, Les Goules devraient peut-être penser à revoir leur appellation. Sur scène, ils n'ont vraiment rien à voir avec des morts vivants sanguinolents. Pas gothiques pour deux cents. Et ils nous dilatent la rate beaucoup plus souvent qu'ils nous donnent la chair de poule avec leur allure complètement déjantée et leur prose crue.

Les Goules sont reconnus pour leur côté théâtral - l'histoire ne dit pas s'il était hier un brin ou totalement improvisé - mais c'était terriblement efficace. Ils ont débarqué sur les planches en jupes fleuries, perruques blondes, pantalons imprimés léopard et haut de forme poilu pour Monsieur le chanteur. Attention : " Sous nos apparences ingénues, nos bouches cachent des dents de prédateur ", a lancé ce dernier avant de remuer l'Autre Caserne d'une interprétation de La Taupe bien électrisante. Des paroles comme " J'vends d'la pub à pine à Jean-Jacques et personnes pis d'la mescaline aux n'enfants pis j'm'en crisse parce que moé j'ai ma taupe dans police " se sont transformées en " J'ai ma dope grâce à police " dans la bouche des fans moins avertis, mais Les Goules en ont l'habitude. La preuve a suivi de près avec leur " tube " Crabe de poche que plus d'un confond avec certaines des 2000 parties de notre anatomie.

PORTRAIT D'UNE FAMILLE MODÈLE (Voir, Mtl.)

Les Goules n'ont rien d'un groupe rationnel.

28 Août 2003
Voir, Montréal
Scène Locale
Olivier Robillard Laveaux

Si vous cherchez le mot " goule " dans la dictionnaire, vous trouverez une définition macabre : " Démon femelle qui, selon les superstitions orientales, dévore les cadavres dans les cimetières " (Le Petit Larousse, 2002). Plutôt lubrique et à la limite schizophrène sur scène, le chanteur des Goules, Keith Kouna, se fait d'ailleurs peu rassurant sur le sujet. " La goule peut surgir en nous à tout moment. Elle a toujours besoin de chair fraîche, mais elle ne se manifeste que lors de journées bien précises. Ça n'a rien de quotidien. "

S'étant classée bonne troisième lors des dernières Francouvertes, la formation de Québec vit une ascension montréalaise fulgurante. Trois de ses pièces se sont retrouvées en tête du palmarès de CISM 89,3 et sa performance théâtrale lors des OFFrancoFolies, au début du mois, a soulevé bien des passions.

" Beaucoup de gens parlent de théâtralité pour décrire Les Goules et ça me fait bien rire, poursuit Keith. Nous n'avons pas de mise en scène, tout est très spontané. Je crois que c'est dans la personnalité du groupe de se déguiser et de délirer. " Surréaliste et dadaïste, la formation tourne en dérision certains aspects de la vie sur une musique allant du métal au rap. " Nous voulons nous éloigner du conventionnel, même si nos sujets sortent parfois de la catégorie déjà-vu. "

Atteignant cet objectif haut la main, Les Goules arrivent de plus à nous dilater la rate sur des mélodies et des riffs à faire l'envie de nombreux groupes rock plus sérieux. Les refrains canon portent même à l'interprétation personnelle. " Habituellement, les gens chantent nos paroles en version déformée. Un texte comme Crabe de poche devient Gramme de pot, et " Moi, j'ai ma taupe dans police " passe à " Moi, j'ai ma dope dans poly ". Je ne sais pas pourquoi, on nous associe toujours avec le monde des narcotiques. " Leurs élucubrations du 30 août à l'Escogriffe vous illustreront rapidement l'analogie.

LES FRANCOUVERTES (La Presse)

Sûrement l'une des apparitions musicales les plus originales de ces Francouvertes.

12 février 2003
collaboration spéciale, La Presse
Philippe Renaud

Les Goules ont mis un terme à la soirée par une étrange mais divertissante prestation. Formation punk-métal dont le look s'apparente à celui d'un Slipknot de pacotille et le son à celui d'un Plastic Bertrand industriel. Beaucoup d'énergie, à prendre avec dosage, mais sûrement l'une des apparitions musicales les plus originales de ces Francouvertes.

DÉCHARGE ÉCLECTIQUE (Voir, Qc.)

Le rock dérisoire des Goules est déroutant,
mais exerce du même coup sur l'auditeur un inexplicable magnétisme.

6 Février 2003
Voir, Québec
Décharge éclectique
Clémence Risler

Rencontrés par un dimanche matin plutôt grisâtre dans un petit restaurant de quartier où flotte l'odeur des déjeuners graisseux à souhait qu'on y sert, Keith Kouna, Igor Wellow, Klaudre Chudeba et Rabin Kramaslabovitch semblent avoir été extirpés du lit plus tôt que d'habitude. Malgré cela, c'est avec une grande amabilité qu'ils se plieront au jeu de l'entrevue, n'y allant pas de main morte de leur pittoresques propos.

À l'image de cet entretien qui donnera joyeusement lieu à toutes sortes de divagations hors sujet, le rock dérisoire des Goules est déroutant, mais exerce du même coup sur l'auditeur un inexplicable magnétisme.

Cette musique qu'ils définissent eux-mêmes comme étant du " glam-rock-pop-métal-asile " semble n'avoir aucun mal à se frayer un passage vers le cœur d'un public avide de délire. À preuve, le groupe de Québec participait plus tôt cette semaine à la demi-finale du concours des Francouvertes à Montréal. À assister à leurs spectacles qui sont habituellement régis par des mises en scène éclatées et à les y voir affublés de douteux vêtements, on comprend qu'il s'agisse là d'une expérience que nul ne peut effacer de sa mémoire.

" L'aventure des Goules a commencé au cours de l'année 2001, à l'improviste, dans nos appartements où on jammait simplement pour rire ", relate Keith qui se fera le principal porte-parole du clan. Ainsi, le plaisir apparaît encore comme une notion indissociable de leur travail. Un plaisir qui n'est cependant pas toujours dépourvu de sens : " À la base, l'important, c'est d'avoir du gros fun, mais quand on trouve un filon pour rentrer dans quelque chose, tant mieux! " Ainsi, les Goules ne manquent pas une occasion de s'insurger contre la bêtise en tout genre.

Puisque ces jeunes hommes ont jadis carburé aux sonorités de groupes comme Mötley Crüe ou Black Sabbath, il n'est pas surprenant que leur musique, bien qu'elle suive une ligne mélodique distinctement tracée, emprunte de temps à autre des directions quelque peu métal. " Musicalement, avec les Goules, on va à peu près partout. On peut faire dans n'importe quel style ", affirme le chanteur et parolier de la formation, en ajoutant que le groupe s'apprête même à s'attaquer au jazz.

Les Goules proviennent manifestement d'un royaume où règne l'absurde et le non-sens, une contrée gouvernée par un obscur personnage qui se dénommerait " Sir Goulus " et qui agirait sur les membres du groupe en tant que véritable maître spirituel. En portant attention aux paroles (en français), même les plus libres penseurs ne pourront faire autrement que de s'interroger, voire s'inquiéter quant à la provenance de ces propos qui ne semblent pas avoir émergé d'une conscience tout à fait humaine : " C'est simple, pour les paroles, je m'installe en transe avec Sir Goulus, avoue Keith, je me pète une veine, je fais boire mon sang à mon chat noir et il me chie une crotte de fromage en grain que je mange. Douze heures plus tard, je me réveille, je reviens à moi-même et je me rends compte que les paroles sont écrites. Je ne suis en fait que la marionnette de Sir Goulus. Il me manipule. "

De toute évidence, Les Goules sont affligés d'une imagination en constante ébullition sur laquelle ils n'ont aucune emprise. Ils affirment même avoir suffisamment de matériel pour lancer un deuxième album : " Le plus important pour nous, c'est de toujours demeurer en processus de création, de ne pas attendre après quoi que ce soit et de se garder dynamiques : de faire des chansons et de donner des spectacles. "

Si nous ne sommes pas parvenus à lever tout à fait le voile sur les réelles identités de ces êtres intrigants qui se font appeler Les Goules, une chose est cependant incontestable : ces garçons sont complètement barjos et nous en tirons pleinement profit.

LES FRANCOUVERTES

On est prêt à suivre nos pairs vers... l'enfer !

7 Février 2003
Alex - chroniqueur pour les évènements
monopolistiques " Molson Dry "

Place à la folie iconoclaste directement de Québec. Et tous ceux qui les attendaient la bière à la bouche ont été servis : Crabe, Taupe, Ville, Biker, tout y passe. Complètement débile, le show est " party "! Et pour les caméras de Bande à part, ça gicle de tout bord, nos membres gouliens y allant de soli soliloques. Aussi goulu, on est prêt à suivre nos pairs vers... l'enfer ! Trash Rock efficace, hooks tenaces, les Goules vendent chèrement la peau qui leur reste.

LES FRANCOUVERTES: LES FINALISTES (Voir, Mtl.)


6 Février 2003
Voir, Mtl.
Éric Parazelli

" ... je passerai tout de suite à la prestation à mon avis beaucoup plus stimulante qu'ont donnée Les Goules, de Québec. Avec une théâtralité qui mettait en valeur de belle façon leurs compositions surréalistes, Les Goules ont offert un beau moment de divertissement à la fois sombre, pesant et délirant, surtout lors de ce pastiche de rap tout à fait réussi, ou comme lorsque le claviériste a exécuté un solo de gonades (sans blague!) qui restera certainement dans les annales des Francouvertes. "

FRANCOUVERTES - LE CONCOURS DE LA RELÈVE
ENTAME SES SEMI-FINALES (La Presse)



20 janvier 2003
La Presse
Philippe Renaud

Les Goules, le groupe le plus punk dans la course aux Francouvertes. Un son lourd et carré, aux textes vaguement absurdes (" Enchanté, Enchanté / J'vous présente mon crabe de poche "). Contre le prévisible et le formaté de notre industrie musicale, l'imagination débridée des Goules irradie d'une énergie rock qui rappelle tantôt les French B, tantôt Parabellum.


Bazar baroque, univers débile badigeonné de sauce punk.

Janvier-février 2003
Alex - chroniquer pour les évènements monopolistiques " Molson Dry "

Les Goules envahissent la scène; Que se cachent derrière ces masques ? Mais veut-on vraiment le savoir ? Dans l'univers trash des Goules, gare aux apparences car les Biker et Alouettes s'entrechoquent joyeusement avec les schizoïdes et autres voisins familiers... Bazar baroque, univers débile badigeonné de sauce punk. Le party est pogné dans la salle. Le rock reprend ses droits et on en redemande!

VOYAGE FANTASTIQUE AVEC LES GOULES (CHOQ.FM)

Ces démons femelles, sur scène, sont complètement en transe.

15 novembre 2002 CHOQ.FM
www.choq.fm
Genenviève Doré
(Off Coup de Cœur Francophone)

C'est devant un public réchauffé que les Goules se sont avancés, bigarrés, chacun des membres étant vêtus d'un costume, disons, personnalisé! Ces démons femelles, sur scène, sont complètement en transe, spécialement le chanteur qui bouge d'une manière élastique quasi surhumaine, accompagné du claviériste qui lui aussi, se montre assez théâtral. Parce qu'en effet, il s'agit d'une véritable pièce de théâtre, remplie de mimiques, de musique électrisante, de poésie dérangeante et que dire des costumes qui démontrent l'absurdité que brossent ces joyeux lurons possédés et dirigés par un mystérieux Sir Goulus... Il n'en reste pas moins que ce jeune groupe a pas mal de spectacles à son actif et se démarque par un refus à suivre les chemins tracés. Tout est à parier qu'on les reverra, encore et encore ...

UN NOUVEAU PAVÉ DANS LA MARRE (Voir, Qc.)

Le monde de la folie libératrice.

5 septembre 2002
Voir, Qc.
David Desjardins

Les Goules, c'est un nouveau pavé dans la marre. Un ras-le-bol de la chanson conventionnelle, du rock-pop galvanisé et des ballades sirupeuses qui peuplent les radios commerciales. " Il y avait un écoeurement, c'est sûr, et je sens qu'il se passe quelque chose au Québec, qu'il y a de plus en plus de musiciens qui font ce qu'ils veulent plutôt que d'essayer de percer un marché très imperméable ", constate Keith Kouna, chanteur et délirant parolier de la formation locale. Mais les Goules n'ont de sérieux que ce discours, les chansons de leur premier album éponyme donnant bien plus dans le monde de la folie libératrice que dans l'engagement et la dénonciation. " On ne cherchait ni à former un groupe ni à écrire de vraies chansons, relate Keith, ce sont des délires de party et de d'amis, des trucs qu'on trouvait drôles et sur lesquels on a ensuite retravaillé. " Des soirées enfumées au tabac de course qui ont donné naissance à des chansons débiles, absolument folles, où l'on croise crabes de poche, motards sanguinaires et quidams à l'allure louche qui dissimulent en fait un existence sans histoire. " C'est une espèce de retour de vague des années 60 et 70 ", constate Keith, conscient de ne pas avoir inventé la pataphysique et l'expression musicale d'un ludisme à l'état pur, sans recherche de sens ou de message. " C'est une rupture avec le réel, poursuit-il, où on aurait pu chialer, s'insurger [contre ce système], mais on préfère le faire avec humour, en riant de tout ça. " Un rock soigné, mais loufoque qu'ils proposeront au Kashmir, avec les Sans bon sens, le 17 septembre.

L'ASILE FANTASTIQUE (Voir, Qc.)

On dirait vraiment des chansons échappées directement
de l'asile... pour notre plus grand bonheur!


19 Septembre 2002
Retour de son
J.-F. Dupont


À l'instant où l'on voit les Goules monter sur scène, on devine facilement que les neurons vont en prendre un sale coup et que l'on devra laisser la raison de côté pour plus d'une heure. Car en revêtant ses ridicules costumes de scène, le quintette québécois entre dans un univers parallèle où la notion de spectacle prend tout sons sens, pour le meilleur et pour le pire. Au spectateur alors de décider de suivre ou non.

Le grand plaisir des Goules, ainsi que leur raison d'être, est de passer tous les styles musicaux à la moulinette, du glam-rock au métal en passant par le hip-hop, mais de façon la plus ridicule possible, en s'en tenant seulement à leur ligne de conduite qui n'a de cohérence que dans leur folie. Menés par le chanteur Keith Kouna, un maître de cérémonie aussi survolté que disjoncté, les Goules tombent pile dans l'absurde et le mauvais goût (tant mieux!) avec leur musique hantée et leurs histoires crades. On dirait vraiment alors des chansons échappées directement de l'asile... pour notre plus grand bonheur!

CRITIQUE D'ALBUM (Longueur d'Ondes - France/Belgique/Québec)

Un de ces groupes qui font l'exception culturelle québécoise.

#23 - Hiver 03 / 04
Les Goules
Serge Bayer


Un de ces groupes qui font l'exception culturelle québécoise et ne séduira que les auditeurs dépourvus d'œillères (s'il en reste). " Enchanté, j'vous présente mon crabe de poche " braillent-ils dans le titre d'ouverture avant d'affirmer " J'aimerais bien qu'on ferme la ville ! " sur un revival-punk pur laine. Plus loin on croise Satan en biker façon Alice Cooper, ou Ponette et sa couleuvre sauce Wampas, puis Allah (à la fontaine de marde) et Monsieur Kill style Plastic (fondu) - Bertrand. Enfin, Capitaine Robot - " On t'emmerde le tuyau et on s'en fout d'tes étoiles, droïdes ! " - eighties et fun ! Et ça c'est rien, faut les voir sur scène ! Mais on vous laisse la surprise... Ah, au fait ! Les Goules, dans le Larousse 84, ça signifie : démon femme qui, selon les superstitions, dévore les cadavres dans les cimetières. On vous fait un dessin ? PS : guettez les morceaux cachés !

CRITIQUE D'ALBUM (Voir, Mtl.)

Une recherche musicale aussi habile dans le mélodique que dans le bordélique.

12 décembre 2002
Les Goules
Éric Parazelli


Depuis quelques semaines, une étrange formation de Québec se taille une place de choix sur les ondes étudiantes et communautaires. Un chanteur à la voix volontairement agressante, des textes éclatés (quand ils ne sont pas complètement absurdes) se rapprochant parfois de l'écriture automatique, et une recherche musicale aussi habile dans le mélodique que dans le bordélique; aucun doute possible, Les Goules sont venus au monde pour se foutre des conventions et faire triompher l'imagination. Une imagination tordue, sombre et affichant un penchant théâtral qui saura attirer l'auditeur sensibles aux histoires psychédéliques et à l'expérimentation musicale qui laisse tout de même la simplicité s'exprimer. Un premier essai étonnant, sur lequel ces cinq démons de Québec imposent de façon limpide leur signature. Pour oreilles averties, aventureuses et qui entendent à rire.

CRITIQUE D'ALBUM (Voir, Qc.)

Les chansons de ce premier album
se révèlent aussi savoureuses que contagieuses.

25 juillet 2002
Les Goules
David Desjardins


Dadaïstes convaincus, Les Goules proposent avec leur premier album un rock déjanté où des personnages, plus débiles les uns que les autres (un motard faisant partie d'un gang appelé les Pont-Rouge Panaches; un psychotique qui s'éprend d'un crabe de poche (sic); Monsieur Kill, qu'on croit méchant, mais qui aime les animaux et les posters de minous...), peuplent un univers bigarré où le véhicule musical s'articule en autant de pitreries que les textes. Bien qu'un peu bancales et révélant parfois quelques faiblesse, les chansons de ce premier album se révèlent aussi savoureuses que contagieuses : 11 pièces qui sont autant de promesses d'un monde en superkaléïdoscope.

*